Jusqu'alors, l'économie mondiale était fondée sur l'idée d'échange de
droits de propriété sur un marché. Notre conception des rapports
marchands devait tout aux rapports de la vente et de l'achat, au point
qu'elle influençait la quasi totalité de notre univers quotidien:
l'acquisition et l'accumulation de propriétés déterminaient notre
statut; en d'autres termes, guidés par un instinct de propriété censé
être primordial, on était ce que l'on possédait.
Obsédés par la loi du marché, il nous paraissait alors totalement utopique d'envisager une autre façon de structurer les échanges entre humains.Et puis les esprits ont évolué, les mentalités ont commencé à changer, au point que le fondement même de la modernité a été ébranlé par de nouvelles idées, faisant émerger d'autres réalités économiques qui, à leur tour, ont amené à repenser les liens économiques et les relations humaines. Si bien qu'aujourd'hui, c'est la notion de propriété qui est soumise à une transformation radicale: la notion d'usage se substitue à celle de propriété. Nous n'avons pas besoin d'une voiture mais de se déplacer.
Le jour où nous n'achèterons plus d'ordinateur mais du temps d'utilisation, de l'usage, les fabricants auront intérêt à proposer des machines à durée de vie plus longue. Cela ressemble beaucoup à un modèle économique de développement durable, l'économie de la fonctionnalité...
Alain Hemelinckx